Les perturbateurs endocriniens sont omniprésents dans notre vie. On les retrouve dans notre alimentation, nos produits ménagers et même nos cosmétiques. En perturbant notre système hormonal, ces derniers peuvent s’avérer nocifs pour notre santé. Il est donc important de savoir les détecter pour les exclure au maximum de notre quotidien.
Qu’est-ce que les perturbateurs endocriniens ?
Tout d’abord, qu’entend-on par “perturbateurs endocriniens” ? Selon la définition de l’OMS, un perturbateur endocrinien est une “substance étrangère à l’organisme capable de perturber le fonctionnement du système hormonal, avec des effets néfastes sur la santé d’une personne ou de ses enfants”.
Nos hormones sont produites au quotidien par ce que l’on appelle en médecine : un système hormonal (ou système endocrinien). Une fois produite, l’hormone circule dans le sang avant de se fixer sur son récepteur, ce qui envoie alors une “réponse” proportionnelle. Le perturbateur endocrinien peut donc s’immiscer à plusieurs niveaux durant ce processus.
Ces substances sont d’autant plus problématiques pour les femmes enceintes. En effet, elles auraient un impact sur le fœtus et son état de développement.
L’action des perturbateurs endocriniens
Les perturbateurs endocriniens ont trois modes d’action possibles :
L’effet mimétique (agoniste)
Tout d’abord, un perturbateur endocrinien peut agir par effet mimétique (aussi appelé effet agoniste). Grâce à sa structure chimique très proche de celle de l’hormone, ce type de perturbateur endocrinien peut l’imiter et ainsi se lier au récepteur hormonal en “trompant” l’organisme. En conséquence, le corps reçoit un signal au mauvais moment ou à la mauvaise intensité.
L’effet blocage de récepteur (antagoniste)
Le perturbateur endocrinien peut également agir par effet blocage (aussi appelé effet antagoniste). Dans ce cas de figure, le perturbateur endocrinien se met sur le récepteur, empêchant l’hormone de s’y fixer. Ici, le corps ne reçoit donc plus aucun signal hormonal ou bien un signal vraiment très faible.
L’effet perturbateur de l’organisme
Enfin, le perturbateur endocrinien peut également agir sur l’environnement et non le récepteur.
Celui-ci peut agir sur plusieurs éléments, comme la synthèse, le métabolisme ou encore le transport et l’élimination des hormones. Ici, le perturbateur endocrinien agit sur tout ce qui entoure le récepteur.
La synthèse
Via la synthèse par exemple, il inhibe ou, au contraire, stimule les enzymes qui fabriquent les hormones. C’est par exemple le cas des phtalates.
Le triclosan par contre, un autre perturbateur endocrinien, agit cette fois sur le transport et modifie ainsi le nombre d’hormones disponibles dans l’organisme.
D’autres perturbateurs endocriniens encore, accélèrent la dégradation des hormones par le foie et dérèglent leur taux.
L’action des perturbateurs endocriniens sur le long terme
La particularité des perturbateurs endocriniens est que leurs effets se font ressentir même avec une faible concentration au sein du produit. Leur action est visible sur le long terme, avec parfois même des conséquences sur les générations futures.
Dans le cadre d’une étude menée par les scientifiques de l’Inserm, de l’Université Grenoble Alpes et du CNRS, des étudiantes âgées entre 18 et 30 ans ont privilégié pendant cinq jours des produits sans phénols synthétiques, sans parabènes, sans phtalates et sans éthers de glycol.
Les résultats ?
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Une baisse significative des biomarqueurs d’exposition à ces substances dans les urines
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Une baisse de 39% de la concentration urinaire de bisphénol A (BPA), un perturbateur endocrinien reconnu et une substance classée “très préoccupante” par SVHC pour Substance of Very High Concern
Les sources d’exposition aux perturbateurs endocriniens
Nous retrouvons de nombreux perturbateurs endocriniens dans certains produits cosmétiques mais pas seulement… Ces substances se retrouvent également dans beaucoup d'objets du quotidien.
Les produits cosmétiques et d’hygiène
Comme évoqué précédemment, les perturbateurs endocriniens sont présents dans de nombreux produits cosmétiques ou d’hygiène.
Notre conseil : il est important d’apprendre à les identifier et à déchiffrer les listes INCI de vos produits. On vous explique tout dans un article dédié.
Les emballages plastiques
Les emballages en plastique peuvent également être nocifs pour la santé. En effet, lorsqu’ils sont chauffés ou bien qu’ils contiennent un produit durant un temps prolongé, des micro particules peuvent migrer vers les produits contenus dans ces emballages plastiques.
Notre conseil : privilégiez des contenants en verre, un matériau inerte qui ne fera aucun transfert.
Chez Amaé, nos contenants primaires (directement au contact du produit) sont en verre tout comme nos nutricosmétiques (compléments alimentaires sous forme liquide) qui bénéficient également d’un conditionnement individuel pour favoriser la conservation.
Les textiles
Au contact de notre peau pendant des heures, les textiles peuvent également être irritants pour la peau. C’est notamment le cas pour les vêtements techniques et les fibres synthétiques qui nécessitent des traitements chimiques plus profonds pour leur fabrication. Notre conseil : prenez toujours le temps de laver vos vêtements neufs avant de les porter et privilégiez des fibres naturelles.
Les pesticides
Transmis via l’alimentation ou les produits de jardinage, les pesticides perturbent également notre système hormonal.
Les objets du quotidien
Enfin, certains objets du quotidien, en apparence complètement innocents comme les bougies fabriquées à base de paraffine, un dérivé du pétrole (détectable lorsque la fumée de la bougie est noire). Soyez également vigilants lorsque vous choisissez vos parfums d’ambiance, qui peuvent aussi être nocifs pour votre santé.
Les principaux perturbateurs endocriniens
Les perturbateurs endocriniens interdits en Europe
Dans la législation européenne, plusieurs substances ayant des conséquences sur votre système hormonal sont interdites et classées CMR 1A/1B (cancérogènes, mutagènes ou reprotoxiques). Certaines autres substances sont interdites nommément.
Sur ce point, il est essentiel d’être vigilant sur la provenance du produit cosmétique. En effet, ces interdictions ne sont pas forcément respectées, notamment lorsque vous achetez des produits sur des plateformes situées hors Europe. Chez Amaé, tous nos produits sont fabriqués en France dans le respect de la législation européenne.
Les perturbateurs endocriniens les plus fréquents
À présent, apprenez à reconnaître et à comprendre les principaux perturbateurs endocriniens qui peuvent parfois se retrouver dans la composition de vos produits cosmétiques.
Les parabènes (méthylparabène, propylparabène, butylparabène)
Les parabènes utilisent la technique de l’imitation, évoquée précédemment. Le butyl parabène notamment, alterne l’ADN des spermatozoïdes chez les hommes, provoquant ainsi des problèmes de fertilité. Les parabènes ne présentent pas de danger réel pour la peau en tant que tel, à part quelques irritations. Le problème réside plutôt dans le fait que les parabènes traversent votre peau. La plus grande partie est métabolisée par le corps avant d’atteindre le sang mais une partie reste dans l’organisme.
Une étude datant de 2004, a par exemple, détecté des parabènes dans les tissus de tumeurs mammaires.
Les parabènes les plus dangereux pour la santé sont interdits depuis 2014 en Europe.
Dans le doute, privilégiez au maximum des produits avec l'appellation “sans parabènes”. Toutefois, soyez vigilant, car cette mention ne signifie pas forcément une composition sans perturbateur endocrinien. Vous repérerez rapidement les parabènes dans les listes INCI de vos produits, car ils contiennent le mot “paraben” : butylparaben, propylparaben, sodium butylparaben, sodium propylparaben, potassium butylparaben ou encore potassium propylparaben.
Les phtalates (DEHP, DBP)
En cosmétique, les phtalates sont principalement utilisés dans les vernis à ongles, les produits capillaires et les parfums, notamment pour fixer et prolonger leur senteur.
Ce type de perturbateur endocrinien agit directement au niveau des hormones. Chez l’homme, il réduit la production de testostérone, l’hormone sexuelle masculine, notamment pendant le développement fœtal et perturbe le développement des organes sexuels.
Chez la femme au contraire, les phtalates stimulent le développement sexuel et engendrent ainsi une puberté plus précoce.
Vous les retrouverez dans certains produits cosmétiques, ainsi que dans l’alimentation.
Aujourd’hui, les plus préoccupantes sont interdites par la législation européenne car suspectées de perturber le système hormonal. Un seul phtalate est toujours autorisé à l’échelle de l’Union Européenne : le diéthyl phtalate.
Les alkylphénols
Souvent utilisés dans les formulations des produits nettoyants pour le corps ou les produits capillaires, les alkylphénols provoquent des malformations au niveau des organes reproducteurs, une diminution du nombre de spermatozoïdes chez l’homme et une perturbation de l’équilibre des hormones reproductives. Des trois techniques citées précédemment, les alkylphénols agissent ici par mimétisme en se liant aux récepteurs à la place des oestrogènes.
Les deux principaux noms de cette famille à éviter sont le nonylphénol et le nonoxynol.
Les phénoxyéthanol
Même si le phénoxyéthanol est actuellement toujours autorisé dans la législation européenne, sa concentration maximale est fixée à 1%.
L’ANSM, l’agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé, considère que le phénoxyéthanol représente un risque pour la reproduction.
Les filtres chimiques anti UV (oxybenzone, octocrylène, homosalate)
Chez les femmes, ils imitent l’action des hormones féminines, provoquant des retards de puberté et des troubles de développement des organes reproducteurs par effet mimétique. Sans surprise, vous retrouverez ces filtres anti UV dans les crèmes solaires, mais également dans certains produits capillaires, des crèmes visages ou des fonds de teint. De plus, ces filtres anti UV sont également photoallergiques.
Nous pourrions encore citer le triclosan, les silicones et bien d’autres. Retrouvez une liste non exhaustive des perturbateurs endocriniens à éviter juste ici.
Les conséquences des perturbateurs endocriniens sur l’organisme
Les conséquences sur la peau
On parle beaucoup des effets des perturbateurs endocriniens sur l’organisme mais connaissez-vous leurs effets sur votre peau ?
Tout d’abord, en déséquilibrant votre système hormonal, ces derniers peuvent provoquer des infections caractérisées par l’apparition de kystes et de boutons. Ils peuvent aussi provoquer des dermatites allergiques, une accélération du vieillissement cutané et donc l’apparition de rides, ridules et tâches pigmentaires.
Chez la femme, les perturbateurs endocriniens remettent en cause l’équilibre hormonal, pouvant provoquer de l’acné de l’adulte.
L’interférence du système hormonal
Enfin, les perturbateurs endocriniens peuvent provoquer des troubles de la reproduction, des anomalies de développement et des maladies métaboliques ou hormonales. Même si les organes les plus impactés restent les organes reproducteurs, d’autres organes comme la thyroïde, le pancréas ou plus largement votre système nerveux peuvent également être touchés. Sur le long terme, vos organes souffrent de l’effet “cocktail” des perturbateurs endocriniens. Nous sommes en effet exposés de manière chronique à plusieurs sources de perturbateurs endocriniens quotidiennement, que ce soit via les cosmétiques, l’alimentation, les emballages, les vêtements, les produits ménagers…
Conclusion
Lorsque vous choisirez vos prochains produits cosmétiques, accordez une importance particulière à leur composition (liste INCI) et surtout, apprenez à repérer la présence de perturbateurs endocriniens. Ces derniers pourraient avoir un effet néfaste non seulement sur votre peau mais également sur votre santé globale en agissant sur vos hormones et votre appareil reproducteur.
Attention toutefois à ne pas confondre les perturbateurs endocriniens avec des agents irritants ou allergènes. Les substances irritantes sont à éviter, pouvant, comme leur nom l’indique provoquer irritations et rougeurs, même si les conséquences sont en général moins profondes que les perturbateurs endocriniens.
En ce qui concerne les allergènes, ces derniers ne sont pas vraiment gênant en soi, tant que vous ne présentez pas de terrain allergique. Leur effet est d'autant moins problématique s’ils sont présents dans des produits destinés à être rincés comme le gel douche ou le shampoing.
Quoi qu’il en soit, privilégiez des produits naturels, avec des formulations clean et fabriqués en France.
FAQ
Qu’est-ce qu’un perturbateur endocrinien ?
Selon la définition de l’OMS, un perturbateur endocrinien est une “substance étrangère à l’organisme capable de perturber le fonctionnement du système hormonal, avec des effets néfastes sur la santé d’une personne ou de ses enfants”.
Quelles sont les actions d’un perturbateur endocrinien ?
Les perturbateurs endocriniens agissent à deux niveaux. Ils causent des troubles de la reproduction, des anomalies de développement et des maladies métaboliques ou hormonales au niveau de votre organisme. En déséquilibrant notre système hormonal, ils favorisent également l’apparition de kystes et boutons, une accélération du vieillissement cutané et donc l’apparition de rides, ridules et tâches pigmentaires.
Quels sont les perturbateurs endocriniens interdits en France ?
Plusieurs substances suspectées d’être des perturbateurs endocriniens sont aujourd’hui interdites dans la législation européenne. C’est par exemple, le cas du bisphénol, la chlordécone, certains phtalates, certains pesticides ou encore les PCB (polychlorobiphényles).
Quelle est la différence entre un perturbateur endocrinien et un agent irritant ?
Un perturbateur endocrinien est une substance chimique provoquant une altération de votre système hormonal. Tandis qu’un agent irritant provoque une inflammation localisée lors d’un contact direct avec la peau ou les muqueuses.
Sources
Darbre P.D., Aljarrah A., Miller W.R., Coldham N.G., Sauer M.J., Pope G.S. «Concentrations of parabens in human breast tumours». Journal of Applied Toxicology, 2004, vol. 24 (1), pp. 5-13.
Weissmann R., Chevallier L., Nocart N. «Les perturbateurs endocriniens. Informations pour médecins, sages-femmes, professionnels de santé accompagnant les futurs et jeunes parents». Objectif Santé Environnement (OSE), ARS Nouvelle-Aquitaine, Global Life, juin 2021, 17 p.
OMS, PNUE. «Rapport historique sur les effets pour l’homme de l’exposition aux perturbateurs endocriniens chimiques». Communiqué de presse, Genève, 19 février 2013.
Jovanovic N., Bright F., Thomsen C., Garlantézec R., Rocabois A., McEachan R.R.C., Yang T.C., Sakhi A.K., Chevrier C., Mathy S., Slama R., Lyon-Caen S., Vrijheid M., Philippat C. «Levers to decrease exposure to harmful chemicals: the case of Personal Care Products and cosmetics». Environment International, 7 avril 2026. https://doi.org/10.1016/j.envint.2026.110243


